Mardi 25 décembre 2007 2 25 /12 /Déc /2007 14:23
Nous venons de passer une semaine à Hong-Kong, charmante ville du Sud de la Chine. Pourquoi Hong-Kong ? Pas pour son intérêt agronomique, mais tout simplement car notre visa de 3 mois + 1 mois (soit 4 mois, tout à fait) arrivait à son terme, et nous étions donc dans l'obligation de quitter le territoire chinois. Parce que Hong-Kong (HK pour les intimes) est chinoise sans être vraiment chinoise.
Pour mieux comprendre tout ça il faut faire un retour en arrière. Au 19ème siècles toutes les merveilles exotiques de la Chine faisait fureur en Europe, notamment en Angleterre. Mais en contre-partie la Chine n'était intéressée par aucune marchandise que pouvait offrir les barbares étranger, contrôlait énormément les points d'entrée et de sortie des biens (peut-être un ou deux ports seulement), et exigeait d'être payée en argent uniquement. L'Angleterre perdait beaucoup d'argent dans l'affaire, car elle importait beaucoup de soie, de vases, et de thé bien sûr. L'astuce a été de créer une nouvelle demande chez les chinois, en introduisant l'opium en tant que drogue, qui a rendu bien des chinois accros. Elle en vendait donc des montagnes (cultivé en Inde), bien que la Chine ait décrété ce commerce illégal, et pouvait ainsi rentrer dans ses comptes. Comme ça allait pas du tout la Chine a décidé vers 1840 de frapper un coup fort et de balancer à Canton tout un entrepôt de « boue étrangère » à la flotte. Et le gouvernement anglais, avec sa flotte bien plus puissante que celle de l'Empire du milieu, a pris ce prétexte pour entrer en guerre: ce fut la première Guerre de l'Opium. La Chine a fini par capituler, et cédé aux exigences des anglais, qui en plus d'un assouplissement du commerce et de grosses sommes d'argent (pour rembourser les coûts de la guerre et la drogue perdue !), se sont vus accorder une petite île pourrie, dont le nom occidentalisé est Hong-Kong. Pour des prétextes un peu bidon il y a eu deux autres guerres de l'opium (les français se sont d'ailleurs joints à la partie parce qu'on leur avait tué un curé venu précher la bonne parole), aboutissant à plus de droits pour les commerçants, et l'aquisition pour les anglais de la péninsule en face de HK et ensuite de terres qui prolongeaient cette péninsule, concédées pour un bail de 99 ans. C'était en 1898. Ensuite HK a prospéré, car c'était le lieu de passage privilégié de quantités énormes de marchandises, et est restée anglaise jusqu'en 1997 (mis-à-part une occupation japonaise d'un peu moins de 4 ans pendant la seconde guerre mondiale). Et donc en 97, arrivé au terme du bail des territoires acquis pendant la dernière guerre de l'opium, l'Angleterre a tout rendu à la Chine. Mais HK sera vraiment chinoise 50 ans après (en 2047), pour l'instant c'est la devise « un pays deux systèmes ». Donc la monnaie reste le HK dollar, il faut remplir des papiers d'entrée et de sortie de territoire quand on en vient, les gens peuvent voter pour une partie du gouvernement local, et... on peut y faire renouveller son visa (et c'est très bien). Et la critique du gouvernement chinois est toleree, ce qui assez exceptionnelle. On a vu une sorte de manifestation silencieuse de quelques membres du F... en train de mediter, entoures de panneaux denoncant de maniere non equivoque leur persecution, accompagnes de photos vraiment trash montrant les sevices subis.
La morale c'est que si les anglais n'avaient pas été si friands de thé, peut-être n'aurions nous eu jamais entendu parle de Hong-Kong (d'ailleurs Hong-Kong c'est pas le nom chinois, c'est la version pour occidentaux pas capables d'apprendre un nom chinois, mais je peux pas vous dire le nom chinois, car je suis occidental, logique !)
 
La ville en soit est complètement folle, et assez charmante. Déjà l'hiver est tout ce qu'il y a de plus doux, on peut se ballader en T-Shirt toute la journée (zone tropicale oblige). Il y a un mélange de culture occidentale et chinoise très prononcée, plus une petite touche de la communauté indienne (ben oui, c'était le commonwealth, et comme ça on a pu manger plein de curry). Les buildings rivalisent tous de hauteur, de formes étranges, et de néons extravagants, visibles la nuit, particulièrement appréciables de part et d'autre du bras de mer qui sépare la péninsule à l'île. Bras de mer qui se traverse en ferry (ou par le métro ou le tunnel, mais le ferry c'est plus rigolo et c'est moins cher).
Sur l'île de Hong-Kong l'architecture est particulièrement dingue. Il y a une montagne au milieu, les buildings en ont attaqué le plus loin possible les versants, ce qui en fait donc une ville toute en hauteur, avec des dizaines de ponts pour piétons dans tous les sens, des routes qui passent les unes par dessus les autres, des escaliers raides comme pas possibles, et un escalator qui part du ferry et gravit l'île. Rajoutons à cela une masse grouillante de golden boy et business women, un tram rétro, et des boutiques chinoises pour chinois (aucun doute), qui vendent des oursins, des ailerons de requins, et pleins de truc bizarres qui font pas trop envie aux français moyens que nous nous revendiquons d'être. Mais ça c'est qu'un côté de l'île, celui où on trouve la city. De l'autre côté, c'est forêt et plages de sable fin, et top model chinoises et occidentales posant face à la mer (là j'aimerais bien vous mettre des photos, mais pendant tout notre séjour ici l'appareil photo de Sophie était considéré comme perdu très loin d'ici).
Ici beaucoup de monde parle anglais, on a d'ailleur pu se rendre compte qu'on était pas si bon que ça dans la maîtrise de ce langage. La vie est assez cher, ça change de la Chine chinoise. Et les gens font la queue avec une rigueur désarmante, ne crachent pas partout, et conduisent décemment (quoiqu' à gauche). Ces derniers points m'ont un peu déçu, le joyeux bordel chinois me manquait un peu.
Et pour Noel ici les decorations lumineuses gigantesques des buildings forment des sapins, et des chorales coiffees de bonnets de pere noel se balladent dans des bus a toit ouvert. [maisnous n'avons pas passe Noel a Hong-Kong, on en parlera dans un autre article]
 
Notre visa en poche (1 mois au lieu des 2 escomptés, et oui la Chine limite pas mal les séjours des non-ressortissants sur ton territoire, à quand les test d'ADN !), nous avons donc pu quitter la New York asiatique, et partir pour de nouvelles aventures dans le Guizhou (après un arrêt d'une journée pour récupérer le bien de Sophie... le coquin a préféré passer des vacances au milieu des pics karstiques de Guilin), un endroit où il fait ma foi bien froid. Mais ceci est une autre histoire.
 

Publié dans : vadrouilles - Par Gaël et Sophie
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